30 juin 2008

Détournement de concept.

La république dans laquelle nous vivons, et qui nous a permis d’être ce que nous sommes, ne s’est pas construite autour du seul concept de liberté, car il ne suffit pas. En effet la liberté, dans ce qu’elle implique d’absolu, n’a pas de limites et permet, paradoxalement, tous les abus. Il fallait donc en borner les effets et lui adjoindre deux autres notions qui lui confèreraient ce caractère universel. Il fallait l’égalité, pour que personne ne devienne un despote et les autres ses esclaves. Il fallait la fraternité, pour que l’homme s’élève au dessus de son animalité originelle et établisse avec les autres hommes des relations d’entr’aide et de respect. C’est grâce à ces deux conditions supplémentaires et complémentaires que la liberté revêt ce caractère irremplaçable.

Partant de ce constat, on comprend donc comment le libéralisme ne s’inscrit pas dans notre modèle républicain, car il faudrait lui adjoindre deux notions qu’il reste à définir et qui seraient « l’ égalitarisme » d’une part, et « le fraternalisme » d’autre part. Bien évidemment, ces notions portent en elle des tendances contraires au principe de base du libéralisme dont l’objectif est de laisser une « liberté » absolue dans le cadre des échanges commerciaux et de l’entreprise, avec pour seul objectif la réalisation de profits maximum, au détriment des dégâts que cette façon de faire peut produire sur les hommes et leur environnement.

Le libéralisme est un mot construit sur la même racine que liberté, mais derrière cette idée flatteuse, car elle est associée dans notre inconscient collectif et culturel, aux deux autres qui sont l’égalité et la fraternité, se cache un monstre d’appropriation des biens et des idées. Le libéralisme est dangereux si on ne le met pas au service de l’humanité. Songez que l’on spécule sur le blé et le riz, tandis que des populations meurent de faim.

Posté par louismalta à 23:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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